Fabrice Amedeo, une amitié en plus du Vendée Globe

phot: Fabrice Amedeo

Fabrice Amedeo et onze de ses concurrents sont encore en mer. Le Vendée Globe, en plus d’un défi sportif,  est une aventure humaine extrêmement forte. Le skipper de Newrest-Matmut en signe, depuis plusieurs semaines, un chapitre digne de figurer dans le grand livre de la légende de cette épreuve : la belle histoire d’une rencontre et d’une amitié nouée avec Arnaud Boissières.

Dans sa remontée de l’Atlantique Sud, le bizuth Fabrice Amedeo est un homme heureux. Tout d’abord parce qu’il s’apprête à se défaire une bonne fois pour toutes des affres de l’anticyclone de Sainte-Hélène et à retrouver les alizés, croisant du même coup sa trace « descendante », ce qui lui faisait dire: « J’ai fait le tour du monde et ça y est je rentre ! ». Mais au-delà du bonheur évident de goûter au quotidien le privilège qu’il a d’être encore en course, de vivre pleinement la réalisation de son rêve, un paramètre plus inattendu contribue à ce plaisir.

Depuis plusieurs semaines en effet, le skipper de Newrest-Matmut navigue quasiment bord à bord avec Arnaud Boissières. Et les profils plutôt éloignés sur le papier des deux hommes ont trouvé de nombreux points d’accroche, tissant une amitié au fil des milles. « Cali (surnom du skipper de La Mie Câline) était quelqu’un que je connaissais assez peu avant le départ, tout en ayant de lui l’image d’un garçon sympathique et droit, raconte Fabrice Amedeo. Nous sommes partis sur ce Vendée Globe et assez rapidement nous nous sommes retrouvés en confrontation. Nous étions bord à bord le premier soir, puis de nouveau au cap Finisterre. Ensuite nous nous sommes perdus de vue, j’étais un peu devant lui. Puis, il m’a dépassé en sortie de l’anticyclone de Sainte-Hélène et dans le Sud. Après le franchissement de l’équateur, nous avons commencé à pas mal échanger sur nos vies, nos projets, la suite et aussi sur des questions de sécurité. Sans faire une course par équipe bien évidemment, nous avons veillé l’un sur l’autre ». 

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Un sentiment complètement partagé par le skipper basé aux Sables d’Olonne qui confiait lors d’une vacation avec le PC Course du Vendée Globe que « Fabrice était un peu son ange-gardien ».  

« Nous partageons un quotidien fort »

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C’est avec quatre heures d’écart que les deux hommes ont salué le cap Horn, le lundi 16 janvier, le skipper de Newrest-Matmut, d’abord et pour la première fois, celui de La Mie Câline ensuite, pour un troisième passage. Une proximité qui n’a rien d’étonnante quand on connaît la trajectoire commune des deux monocoques Imoca. Une histoire sur laquelle Fabrice Amedeo revient : « Nos bateaux sont deux plans Farr de 2007, tous les deux issus du même moule, du même chantier néo-zélandais. Le mien était celui de Loïck Peyron, et celui de Cali était aux mains de Jean-Pierre Dick. Quand nous les avons récupérés, ils étaient la propriété des Espagnols de la FNOB et nous sommes allés les chercher à une semaine d’écart à Barcelone ».

Un lien finalement déjà existant que ce Vendée Globe sera venu renforcer au-delà de leurs attentes respectives et surtout de ce que l’un et l’autre avaient imaginé. En effet, si les objectifs des concurrents du Vendée Globe au moment du départ sont multiples, nul ne part en solitaire autour du globe pour se faire des amis ! Et pourtant, deux d’entres eux en arrivent bel et bien à ce constat après plus de 80 jours de course. « C’est vraiment très sympa d’en être là, bord à bord, reconnaît Fabrice Amedeo. C’est une bataille à fleurets mouchetés entre nous, il n’y a pas de réel enjeu en termes de classement. Il n’y a pas d’intox. Nous nous disons les choses. Une amitié s’est nouée au fil des milles. Nous partageons un quotidien fort. Je dois même avouer que quand je n’ai pas mon petit email quotidien de Cali, ça me manque ! », lâche le skipper de Newrest-Matmut dans un éclat de rire qui n’efface en rien la sincérité de ses propos. Tout est possible sur le Vendée Globe, y compris se faire des amis !

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