Thomas Coville doit se battre contre les éléments

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

 

 

 

 

Moins d’une semaine après le passage du Cap Horn et toujours en avance sur le temps du record de vitesse du tour du monde à la voile en solitaire, Thomas Coville se bat contre les éléments.Il est parti depuis 38 jours et la remontée de l’Atlantique sud est fidèle à sa réputation : celle d’un océan impitoyable pour les hommes et les bateaux fatigués.

Après de violentes dépressions et des surfs à 35 nœuds poussés par la houle du grand sud, le voilà solitaire à lutter contre le clapot dans des vents qui font preuve de violentes et radicales sautes d’humeurs.

A la hauteur de Sao Paulo (Brésil), les conditions météo sont extrêmement difficiles pour avancer vers le nord : le trimaran progresse au près (contre le vent) dans une mer de face, qui tape. Depuis mercredi dernier et le passage du Cap Horn, Thomas Coville négocie successivement entre vents faibles et vents forts, qui changent de force, tourbillonnent. Il déploie une énergie colossale pour s’extraire de ces zones d’instabilité où le vent passe de moins de 10 nœuds pendant quelques heures à plus de 30 nœuds. « Il pleut tout le temps. Je ne pense pas aux plages et au surf du Brésil ! Depuis le début, j’ai une gestion simpliste du bateau. Elle est jour par jour, heure par heure et minute par minute. »
Après 36 jours à traverser les océans, le bonhomme accuse et reconnaît une fatigue de fond bien légitime. Remonter l’Atlantique Sud en solo sur un bateau de la taille de Sodebo Ultim’ est éreintant. Motivé par son avance d’environ 4 jours sur Francis Joyon, le skipper solitaire tente de gérer au mieux ses ressources physiques et psychologiques.
Les dernières 24 heures ont été particulièrement compliquées avec une météo caricaturale de cet endroit de la planète et un matériel qui commence à souffrir. Cette nuit, Thomas a dû effectuer un demi-tour pour se mettre vent arrière et remettre en place un des chariots de mât qui permet de maintenir la grand-voile. Il est monté le long du mât à 4/5 mètres au dessus du pont pour faire son bricolage. Si ce type de réparation à terre est presque facile, ce bricolage puise une énergie inimaginable en mer et en solitaire.
Devant Thomas, se profile une nouvelle porte du tour du monde à la voile avec le nouveau passage de l’Equateur, un passage prévu entre samedi soir et dimanche matin, et qui devrait s’annoncer comme une deuxième délivrance, après le Cap Horn :
« Ça va être très dur à bord pendant 15 ou 20 heures pour arriver à tenir le projet ambitieux que Jean-Luc Nélias (le routeur de Sodebo Ultim’) me propose. 50 nœuds dimanche, 3 nœuds lundi, 30 nœuds devant moi aujourd’hui… il faut une grosse gestion mentale pour éviter de faire la faute qui casse tout. 
La glisse et les vitesses rapides de l’Indien et du Pacifique, le Horn avec des journées engagées et difficiles à cause des vitesse rapides, c’est loin. En Atlantique, on traverse des phénomènes en latitude et non plus en longitude comme dans le grand Sud, et c’est très différent. Quand tu remontes l’Atlantique, tu rencontres un nombre de transitions, d’enchaînements, de manœuvres hallucinantes. »

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