Horta dans le rétroviseur

En mode course. Après le briefing départ de la deuxième étape et le dernier point météo, les solitaires sont entrés progressivement dans leur bulle. Un dernier point par téléphone avec leurs entraîneurs pour évaluer les routes optimales, une ultime vérification de l’armement et tous n’attendaient plus que le moment où ils allaient pouvoir rejoindre le plan d’eau. Horta n’est déjà plus qu’un souvenir…

Cette fois-ci l’escale est bel et bien terminée. Pour les coureurs, c’est le moment de signer les déclarations de départ, de déposer leur téléphone portable, de récupérer le dernier bulletin météo fourni par l’organisation. A partir de 14h, tous étaient en configuration course : plus rien ne devait embarquer ou débarquer. Les visages se fermaient progressivement, d’autant que la brise thermique était au rendez-vous, soufflant d’une bonne quinzaine de nœuds. De quoi offrir un départ tonique, mais aussi augmenter les risques de collision entre concurrents. La ligne de départ est aussi le réceptacle de bien des angoisses : prendre un bon départ, se dégager rapidement, c’est aussi la meilleure manière de se rassurer.

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Virage sous haute tension

Le choix de la route relève actuellement du casse-tête météorologique. Si tout le monde semble plus ou moins d’accord sur le début de course, à savoir contourner l’anticyclone positionné dans le nord des Açores par l’ouest, la suite devient autrement plus complexe. Grosso modo, plus les concurrents iront vite, plus ils devront monter nord avant de mettre le clignotant à droite vers le golfe de Gascogne. Il va donc y avoir des choix drastiques à prendre : en virant trop tôt les solitaires prennent le risque de s’engluer dans la dorsale qui leur barrera la route. En prolongeant leur cap vers le nord-est, ils rallongent sensiblement leur route. Pour l’instant, les premiers routages donnent 8 jours de course pour les prototypes et 9 jours pour les bateaux de série. Mais plus que jamais, cette étape retour est placée sous le signe de la glorieuse incertitude du sport.

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Les favoris aux avant-postes d’emblée

A 16 heures locales (18h TU+2), le vent de nord-est s’était renforcé sensiblement jusqu’à atteindre les 18 à 20 nœuds. Prudents, les Minis attaquaient ce premier bord de près sous solent arisé et garnd-voile à un, voire deux ris. C’est le Suisse Yann Burkhalter (Kalaona) qui prenait le meilleur départ en bout de ligne du côté tribord, tandis que les favoris s’empoignaient côté bâbord, Tanguy Bouroullec (Kerhis CERFrance) grillait la politesse à Ambrogio Beccaria (Alla Grande Ambeco) et Jonas Gerkens (Volvo). Le navigateur belge faisait néanmoins parler son expérience et prenait rapidement la tête de course, tandis que les deux protos de Ian Lipinski (Griffon.fr) et Alberto Bona (Promostudi La Spezia) attaquaient ce premier bord de près avec beaucoup de prudence. Seul incident à noter au départ, le retour pour quelques minutes au port de Henri Patou (Défense Assurances) contraint de revenir s’abriter pour remettre en place une bastaque qui s’était décrochée lors d’une manœuvre. Le navigateur rochelais réussissait néanmoins à réparer et à franchir la ligne de départ avant la fermeture.

La flotte va donc devoir tirer des bords pour franchir la pointe de Sao Jorge. Petit à petit, le vent devrait adonner et faiblir dès qu’ils sortiront de l’influence des îles. Commencera alors la longue parabole pour contourner l’anticyclone. Devraient suivre quatre jours de mer dans des conditions proches de l’idyllique. Quatre jours pour se mettre dans le match avant le casse-tête de l’atterrage sur le golfe de Gascogne…

source: PF Bonneau pour SAS2016